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Les ingénieurs et les scientifiques ont un rôle moteur à jouer...

Publié le 22/06/2010

Julien Roitman

Le Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France (CNISF) vient de nommer Julien Roitman à sa tête.(...) Il compte ouvrir davantage le CNISF aux universités et donner plus de visibilité aux ingénieurs et scientifiques.


[Extraits de l'Interview] Julien Roitman - CNISF réalisée par "Techniques de l'Ingénieur", intitulée : "Les ingénieurs et les scientifiques ont un rôle moteur à jouer"

 


  (...) 

Qui les Ingénieurs et scientifiques de France représentent-ils ?

Julien Roitman : Le terme d’ingénieur est ambigu. Il désigne à la fois ceux qui ont un diplôme d’ingénieur, mais qui n’exercent pas forcément ce métier, et ceux qui exercent le métier sans forcément avoir le diplôme. Les scientifiques représentent aujourd’hui une petite part de la fédération, mais je souhaite que cela change. Les anciens d’université doivent aussi être représentés.

La vocation des Ingénieurs et scientifiques de France est de rassembler les ingénieurs et les scientifiques et leurs associations et de les représenter à l’extérieur, auprès des pouvoirs publics, du monde économique et du grand public. Nous publions aussi un répertoire des ingénieurs de 3 à 400.000 noms, qui permet de valider si une personne est bien diplômée de telle ou telle école. J’aimerais que nous rajoutions dans cet annuaire les doctorants et les masters. 850.000 ingénieurs et scientifiques sont recensés en France.

Vous souhaitez vous ouvrir davantage aux scientifiques. Les barrières entre grandes écoles et universités pourraient-elles tomber ?


  (...)  D’ici à une dizaine d’années, de nombreuses universités vont ressembler de plus en plus aux grandes écoles. De plus en plus d’associations d’anciens d’universités vont se créer, et notre rôle sera aussi de les fédérer. Nous devons nous tourner vers les universités et les aider à développer ces associations.

  (...)  En France, nous rencontrons un problème de masse critique, avec 210 écoles et 30.000 ingénieurs. Le classement de Shanghai ne s’intéresse pas aux universités de moins de 1.000 diplômés.
  (...) 

Etes-vous un lobby défendant les intérêts des ingénieurs ?

Notre objectif n’est pas de défendre des intérêts catégoriels. Nous considérons que si la France a une chance de sortir de ses difficultés, c’est en développant son économie, basée essentiellement sur l’industrie et les services. Les ingénieurs et les scientifiques ont donc un rôle moteur à jouer. On parle beaucoup d’innovation, elle repose en grande partie sur les ingénieurs et les scientifiques. Il faut leur permettre de contribuer au mieux à cela. Lors des grands débats, nous restons souvent "la grande muette". Cependant, dans le domaine des transports, du développement durable, du réchauffement climatique etc., notre opinion me semble importante. Nous sommes sur le terrain, il nous faut aussi prendre des positions, faire des propositions, voire les mettre en œuvre.


De quels moyens de communication disposez-vous ?


A part notre enquête annuelle et un annuaire, nous ne disposons pas de publication. Nous devons produire des documents, des livres blancs, des propositions… Nous devons aussi utiliser les réseaux sociaux. Nous avons créé un groupe sur Viadeo, et nous serons bientôt sur LinkedIn et Facebook. Il faut aussi convaincre les écoles d’aller sur les réseaux sociaux et leur expliquer comment faire.

Nous organisons le Prix des ingénieurs de l'année et le Prix de l'ingénieur-inventeur Prix Chéreau Lavet. Le Club Lamennais propose des petits-déjeuners avec des personnalités. Nous devons être plus en contact avec le monde politique et les entreprises. Tout cela va prendre du temps. Il faudra aussi que les membres de l’association s’approprient les projets et soient motivés.

Comment peut-on attirer plus d’étudiants dans les filières scientifiques ?


Les études scientifiques connaissent une désaffection progressive. Notre mission est aussi d’agir contre cette tendance. Il faut par exemple intervenir dans les collèges et lycées pour expliquer ce qu’est notre métier. Les métiers d’ingénieur ne font plus rêver comme à une époque. Ce sont pourtant des métiers dans lesquels on peut se mobiliser sur un sujet technique pointu, tout en faisant preuve de créativité, en conduisant une équipe et en faisant aboutir des grands projets. Cela permet de vivre des carrières très variées.


La formation des ingénieurs vous semble-t-elle adaptée ?


La formation en grande école, spécifique à la France, est très appréciée à l’étranger. Elle est de plus en plus tournée vers l’international et vers les doubles diplômes, soit dans des pays différents soit dans des disciplines différentes. Il faut encourager cette tendance et probablement rajouter une dimension marketing, communication et management.

Propos recueillis par Corentine Gasquet et Anne-Laure Béranger pour  "Techniques de l'Ingénieur".


Pour lire l'intégralité de l'Interview et connaître le parcours de Julien Roitman, clique-ici

Animatrice Internet

Fin de publication le 22/12/2010